Concevoir avec des matériaux de réemploi

Bonnes pratiques Rédigé par : Ellie Dana 21 juillet 2020

Dans un contexte environnemental inquiétant, le monde de la construction se mobilise pour réduire son empreinte écologique. Plusieurs solutions ont été développées ces dernières années. L’une d’entre elles a réellement commencé à faire ses preuves, il s’agit du réemploi.

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L’intégration du réemploi dans un projet architectural

A la demande de la maîtrise d’ouvrage, en visant une certification environnementale ou simplement pour une image « green » d’un projet, le réemploi vient répondre à de nombreuses attentes. Cependant la méthode de son intégration dans le projet en question reste encore ambiguë pour certains ou du moins encore inaccessible.

Lorsqu’un architecte décide d’intégrer le réemploi dans la conception d’un projet, il doit être conscient qu’à la différence du processus habituel de la conception, cette fois-ci il devra composer avec les « moyens du bord ».

En effet, traditionnellement, la maîtrise d’œuvre aux prémices de son travail de conception, ne se soucie quasiment pas de la question de l’approvisionnement en matériaux. L’architecte dessine son bâtiment, élabore les plans et un peu plus tard, dresse une sélection de matériaux à mettre en œuvre, s’en suit des commandes diverses auprès des fournisseurs.

L’adaptabilité au cœur d’un projet de réemploi

Le réemploi impose à l’équipe de maîtrise d’œuvre de procéder différemment, de revoir l’approche « choix des matériaux » et d’être capable d’adapter la conception et la faire évoluer selon les gisements en matériaux de réemploi. De plus l’approvisionnement n’est jamais garanti et parfois, malgré la disponibilité des matériaux, leur mise en œuvre s’avère au dernier moment, compliquée ou impossible.

Dans un projet type de construction où la maîtrise d’ouvrage porte l’ambition de construire avec des matériaux issus du réemploi, comment procéder en tant qu’architecte et bureaux d’études à intégrer le réemploi au projet ?

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L’architecte voulant mettre en œuvre des matériaux de réemploi fait généralement face à deux types de situations en phase de conception, soit il a repéré au préalable son gisement et donc élabore son projet en fonction de ces matériaux identifiés, soit il entame sa conception sans identifier aucun gisement et reste ouvert à toute opportunité qui peut se présenter à tout moment du projet ou du chantier. Le MOOC Réemploi, matières à bâtir appelle ces deux cas respectivement :

  • La conception avec un gisement identifié
  • La conception ouverte aux opportunités
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La conception avec un gisement identifié

Dès les premiers dessins de la conception, il faudra repérer les gisements des matériaux. Il faut plus que de la chance pour mettre la main sur un gisement de briques qui se mesure en tonnes à quelques jours du chantier. Par le biais du géosourcing et des diagnostics ressources, la filière du réemploi est capable aujourd’hui de repérer ce qui est réemployable et d’estimer les quantités des matériaux qui seront disponibles dans les deux ou trois années à venir à l’issue des chantiers de déconstruction les plus proches du projet.

Ces gisements identifiés représenteront une source d’inspiration à l’architecte, autrement dit, ils seront une donnée d’entrée considérée comme un outil de travail qui dirigera la conception : une idée qui peut sembler contraignante pour certains architectes qui veulent rester totalement libres dans leur expression artistique, mais qui reflète au contraire pour d’autres une source d’opportunités à saisir.

Travailler sur une conception architecturale en ayant déjà identifié un matériau est une aubaine pour l’architecte. En revanche, il reste primordial de garantir la disponibilité du matériau en phase chantier, et d’avancer ainsi sur le projet en ayant, une approche « logistique-stockage » tout du long. Ces deux points étant les premières préoccupations liées à la phase dépose au niveau du chantier « source ».

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La conception ouverte aux opportunités

Dans le cas d’un projet où les matériaux de réemploi ne sont pas encore repérés en phase de conception, l’architecte conçoit son projet « normalement » et désigne les opportunités de réemploi dans le projet, puis au niveau du CCTP. Il met en place des variantes réemploi/neuf. Cette précaution permet en cas d’indisponibilité des matériaux ou de difficulté de leur mise en œuvre, de pouvoir assurer l’approvisionnement en équivalents neufs pour garantir la tenue des délais au niveau du planning de l’opération et des engagements auprès de la MOA.

La flexibilité des documents techniques

Dans le premier cas, le cahier des charges et le CCTP citent les matériaux et décrivent la chaîne de transport, de stockage et de remise en œuvre, tout en assurant encore une fois une alternative en neuf.

Cependant, dans le cas d‘un gisement non identifié, le réemploi dans le projet nécessite une flexibilité supplémentaire dans les documents techniques. En partant initialement d’une contrainte de disponibilité des matériaux, le cahier des charges doit certes déterminer les matériaux de construction mais sans aller dans leurs détails et spécificités (marques, références…), l’objectif étant de laisser une ouverture quant au choix parmi les matériaux et les produits de réemploi disponibles.

Cette approche nouvelle de la conception est encore en cours de développement, ce qui la rend parfois contraignante et compliquée dans son application. En revanche, l’implication de tous les acteurs du projet et leur dévouement rendent les difficultés surmontables et ouvrent le débat sur les blocages propres aux projets pour arriver à des solutions techniques adaptées au réemploi. En France, nous avons la chance de pouvoir consulter plusieurs projets de réemploi phares et emblématiques qui ont tracé le chemin pour les concepteurs et qui ont tiré la sonnette d’alarme sur les freins du réemploi et sur ses points de vigilance.

Glossaire

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¹CCTP : le CCTP doit dans tous les cas garantir la mise en place des variantes réemploi/neufs. Cette précaution permet en cas d’indisponibilité des matériaux ou de difficulté de leur mise en œuvre, de pouvoir assurer l’approvisionnement en équivalents neufs pour garantir la tenue des délais au niveau du planning de l’opération et des engagements auprès de la MOA.

²Cahier des charges : en partant initialement d’une contrainte de disponibilité des matériaux, le cahier des charges doit certes déterminer les matériaux de construction mais sans aller dans leurs détails et spécificités (marques, références…), l’objectif étant de laisser une ouverture quant au choix parmi les matériaux et les produits disponibles.

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