Retour d’expérience sur un projet de réemploi : aménagement de bureaux

Thomas Mathieu, directeur de l’agence d’événements digitaux, Bisons.io, nous parle de son expérience récente d’un projet de réemploi. Alors que sa société commence à grossir, Thomas trouve des bureaux de 160m2 au centre de Lyon. Cet espace, historiquement des locaux de médecine du travail, nécessite beaucoup de transformation avant de devenir des bureaux pour les équipes de l’agence. Thomas avait donc besoin de se fournir de matériaux, ce qu’il a souhaité faire avec une démarche de réemploi, notamment via la marketplace de Cycle Up.

Qu’est-ce qui vous a amené à considérer le réemploi pour votre projet ?

Lorsque nous sommes arrivés dans nos nouveaux bureaux, il y avait tout à refaire. Notre idée était de créer de grands open-spaces avec notamment une cuisine et des salles de réunion. Dès le départ, mon objectif était de réaliser ces travaux avec le plus faible impact environnemental.

Cet objectif a été fixé en accord avec mes convictions personnelles, qui sont que chacun doit aujourd’hui contribuer à réduire son impact environnemental. Si ma société n’est pas sujette à des normes spécifiques, je me dois d’appliquer les mêmes efforts en tant que dirigeant qu’en tant que citoyen engagé, et c’est vraiment quelque chose que j’essaie de porter le plus loin possible.

Comment avez-vous entendu parler de nous ?

Par hasard sur Facebook, une personne a mis en ligne une liste de solutions pour des travaux durables à faible impact et Cycle Up figurait en bonne position. J’étais impressionné de voir votre offre de faux-plafonds en réemploi, mais malheureusement mon artisan en avait déjà commandé. Finalement, pour ce projet, nous avons acheté des dalles de moquette reconditionnées sur votre site et en parallèle, nous avons récupéré en seconde main 100% de notre mobilier de bureau : chaises, tables de réunion, cuisine.

expérience réemploi achat bureaux

Quelles étaient vos craintes ?

Je n’avais pas de craintes car je suis habitué à acheter des produits d’occasion : je savais que ça ne serait peut-être pas parfait ni complètement uniforme, il fallait simplement que je sois clair sur mon niveau d’exigence. Selon moi, les craintes étaient plus fortes du côté des artisans qui ne veulent pas de travail supplémentaire et n’ont pas l’habitude de devoir trier ou vérifier l’état des matériaux qu’ils utilisent. Surtout, les artisans étaient inquiets du manque d’uniformité des matériaux, quant à la couleur ou la taille, or cela n’a absolument pas été un problème.

Selon vous, comment pourrions-nous convaincre d’autres entreprises à tester le réemploi ?

Aujourd’hui, on peut faire des très belles choses à partir de matériaux de récupération. Selon moi, le réemploi permet de donner de la personnalité à son espace, je ne voulais pas avoir des bureaux aseptisés. Faire appel à des matériaux de réemploi est quelque chose de positif : on peut faire des choses très belles et mes bureaux ont une histoire et une personnalité.

Certains n’ont pas tout de suite compris cette démarche, car pour eux, ce qui est beau est forcément neuf, désigné et uniforme. Je pense qu’il faut vraiment déconstruire ce mode de pensée.

Enfin, de mon côté, le bilan financier est plutôt positif : j’ai payé environ la même chose que pour un chantier en neuf mais je suis équipé de matériaux de bien meilleure qualité que je n’aurai pas pu acheter neuf  

Allez-vous continuer à acheter des matériaux issus du réemploi suite à ce/ces projets ?

À Lyon, l’offre des matériaux est plus réduit qu’en région parisienne. Toutefois, j’espère que Cycle Up va continuer à développer des projets afin de proposer de nouveaux matériaux régulièrement. Je pense notamment à acheter prochainement des cloisons en verre et des grandes fenêtres, je chercherai sur Cycle Up.

Quel est votre bilan de cette expérience de réemploi ?

Je retiens une expérience très positive et je suis satisfait du résultat, tout s’est déroulé de manière fluide ce qui rendait le processus agréable. J’ai aussi beaucoup apprécié l’accompagnement et le suivi des équipes avec un délai tout à fait raisonnable puisqu’il s’est écoulé une semaine entre la date de commande et la livraison des matériaux.

J’espère vraiment que le marché va se développer, car plus il y aura d’offres, plus il sera facile de s’approvisionner pour tout type de matériaux.

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