Les acteurs de la filière réemploi

Bonnes pratiques Rédigé par : Hajar Bourazki 15 février 2022

Faire appel aux entreprises spécialisées

Plusieurs acteurs soucieux du devenir des déchets du bâtiment se sont emparés du sujet. Une expertise s’est formée et a mené notamment à l’apparition de bureaux de conseil spécialisés et d’agences d’architecture qui en ont fait leur marque.

Bien s’entourer est une des clés de la réussite du réemploi dans votre projet.

Mettre en œuvre des matériaux de réemploi reste un processus nouveau qu’il faut bien anticiper dans l’organisation et le planning du projet.

Il est conseillé de se former aux sujets liés ou de missionner un acteur spécialisé qui saura organiser les étapes relatives au réemploi et contrer les éventuels blocages auxquels votre projet pourrait faire face.

Bureaux d’études / AMO / AMOE réemploi

Les bureaux d’études réemploi portent la mission d‘identifier les gisements de matériaux correspondant aux besoins du projet et de suivre leur intégration, de la programmation à la livraison.

Faire appel à un BET réemploi fluidifie le processus. Diagnostic ressources, diagnostic territorial, études techniques de faisabilité, suivi de dépose et de remise en œuvre, accompagnement juridique et assurantiel, organisation du marché du réemploi, traçabilité des matériaux… Le réemploi nécessite une méthodologie pointue. Bien qu’il s’intègre à chaque phase d’un projet classique, il est primordial que celui-ci soit traité spécifiquement par un acteur capable d’anticiper toutes les opérations qui lui sont liées.

Avec la massification du réemploi, le rôle de l’expert réemploi se verra petit à petit intégré aux compétences de la maîtrise d’œuvre. Aujourd’hui, plusieurs architectes ont d’ailleurs commencé à se former sur le sujet.

Si votre Maîtrise d’ouvrage dispose déjà d’un AMO Réemploi, cela n’exclut pas l’intérêt d’un BET réemploi dans votre groupement de maîtrise d’œuvre. En effet, le rôle de l’AMO réemploi est d’abord d’aider la maîtrise d’ouvrage dans la mise en place de la stratégie de réemploi et la fixation des objectifs qui lui sont liés.

En intégrant un BET réemploi dans votre équipe, vous profiterez plus amplement de son expertise et pourrez l’impliquer dans tous les aspects de votre conception du projet.

Entreprises sociales et solidaires

Depuis la sortie du statut juridique de l’économie sociale et solidaire en juillet 2014 (Loi ESS), diverses entreprises avec un fonctionnement interne basé sur la solidarité et l’utilité ont vu le jour. Elles œuvrent dans de multiples domaines et certaines d’entre elles ont fait de l’économie circulaire leur activité.

Ces entreprises ont vu l’émergence du réemploi et de la réutilisation comme une opportunité nouvelle pour la création d’emploi dans le secteur du bâtiment.

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L’ESS représente le 3ème indicateur (en plus de l’économie en déchets et en carbone) à prendre en compte quand le réemploi est mis en place dans un projet.

Dans l’économie circulaire, leur activité cible l’insertion de personnes souffrant de difficultés sociales ou professionnelles en les formant à déposer sélectivement les matériaux dans les chantiers, les conditionner et les stocker.

De plus, les mission de ces entreprises (déconstruction, curage conditionnement…) permettent de créer des emplois non délocalisables, associant à la fois l’ambition environnementale, sociale et économique.

Faites appel dans vos chantiers aux entreprises spécialisées dans les opérations liées au réemploi de matériaux et évaluez l’impact social de votre projet en calculant le nombre d’heure de travail créées.

Plateformes physiques

Ce sont des espaces de vente spécialisés dans les matériaux de réemploi. Leur avantage est de pouvoir rassembler physiquement l’acheteur et la ressource. Le visiteur peut examiner les matériaux et vérifier qu’ils correspondent à son besoin avant de procéder à l’achat. De plus, à l’inverse du flux tendu, les plateformes physiques rendent disponible la ressource à un instant T, et peuvent même procéder à un contrôle qualité des produits afin de proposer des matériaux prêts à l’emploi.

Ces espaces de vente accueillent des matériaux provenant de sources variées, des chantiers de dépose, de surplus de stocks ou de surplus de commande. Selon leur importance, les plateformes physiques peuvent proposer, en plus de la commercialisation et la présentation des produits, d’autres services comme la dépose, le transport du chantier à la plateforme, le nettoyage, et parfois même la transformation et le reconditionnement.

L’entrepôt du réemploi

En partenariat avec Bouvelot TP et ARES, Cycle Up a ouvert, en mars 2021, un entrepôt logistique de 1000m² à Saint-Ouen (93) afin de valoriser et reconditionner les matériaux issus de la déconstruction : luminaires, cloisons amovibles, portes, WC, lavabos, moquette, parquet…

Les objectifs de cette initiative sont :

Développer les opportunités

Optimisation logistique

Assurer la disponibilité du gisement

Click & collect

  • Offrir des solutions aux cureurs
  • Revendre des matériaux à forte valeur ajoutée
  • Avoir un impact social concret avec le développement de l’ESS
  • Préparer les commandes complexes
  • Concentrer les gisements
  • Prolonger la durée de vie des gisements
  • Disponibilité immédiate des matériaux
  • Améliorer l’expérience d’achat
  • Garantir la qualité des matériaux avec une vue avant achat
  • Proposer de la remise en état ou du reconditionnement

Plateformes numériques

Ces outils numériques permettent de mettre en relation les acteurs ayant des gisements et ceux en recherche de matériaux de réemploi. De ce fait, ils répondent à ces besoins en mettant en vente des matériaux de réemploi à travers leurs sites en passant par le stockage sur site ou dans des plateformes physiques.

On retrouve sur ces plateformes des gisements sous forme d’annonces présentant les quantités disponibles, les critères et caractéristiques du matériau, sa localisation, son état à l’enlèvement et les dates de disponibilité. Les produits proposés ont le plus souvent été identifiés via un diagnostic ressources effectué au préalable. A l’inverse des plateformes physiques, les plateformes numériques sont moins sélectives quant à la localisation des chantiers de provenance. De ce fait, elles rassemblent dans le même outil, des matériaux de chantiers physiquement éloignés.

Contenu rédigé par Hajar BOURAZKI et Coline BLAISON

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